Des trains à travers la plaine

Juste au-dessus d’une voie de métal poli, à 300 km à l’heure mais nulle part, il demande au temps lourd d’ouvrir des jours pour retrouver ce qui n’a nul nom, nulle figure. Ce qui défile dessous et qui glisse dehors, flou à même toute palette, est le monde bruyant, engrenage de rien qui tourne heureusement

Des trains à travers la plaine

Dans l’aube du fleuve que suivent les matinaux il regarde monter le jour et ses joues de lumière. Autour dorment enfants, voyageurs, pénitents, mais tous imaginés dans ce monde sans légende qui par les fenêtres d’acier demeure brumeux encore, heureusement.

Des trains à travers la plaine

Dans le sombre voyage de son esquisse il guette silhouettes, sourires, présences derrière son reflet à la vitre sans fin. A même lui rêvant il va de havres en îles en vous cherchant mais ne retrouve que le secret de son secret puisqu’il vous réinvente toujours.

Des trains à travers la plaine…

En route pour une journée ORI-OAI, il regarde le long de la voie des éoliennes folles d’amour qui embrassent le vent sous l’oeil à peine levé d’un soleil pâle. Il se demande ce que vous faites juste maintenant, alors qu’il pense à vous. Juste maintenant.